La petite communiste qui ne souriait jamais – Lola Lafon

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« Parce qu’elle est fascinée par le destin de la miraculeuse petite gymnaste roumaine de quatorze ans apparue aux JO de Montréal en 1976 pour mettre à mal guerres froides, ordinateurs et records au point d’accéder au statut de mythe planétaire, la narratrice de ce roman entreprend de raconter ce qu’elle imagine de l’expérience que vécut cette prodigieuse fillette, symbole d’une Europe révolue, venue, par la seule pureté de ses gestes, incarner aux yeux désabusés du monde le rêve d’une enfance éternelle. Mais quelle version retenir du parcours de cette petite communiste qui ne souriait jamais et qui voltigea, d’Est en Ouest, devant ses juges, sportifs, politiques ou médiatiques, entre adoration des foules et manipulations étatiques.
Mimétique de l’audace féerique des figures jadis tracées au ciel de la compétition par une simple enfant, le roman acrobate de Lola Lafon, plus proche de la légende d’Icare que de la mythologie des “dieux du stade”, rend l’hommage d’une fiction inspirée à celle-là, qui, d’un coup de pied à la lune, a ravagé le chemin rétréci qu’on réserve aux petites filles, ces petites filles de l’été 1976 qui, grâce à elle, ont rêvé de s’élancer dans le vide, les abdos serrés et la peau nue. »

monavis

J’ai reçu La petite communiste qui ne souriait jamais de Lola Lafon dans la première Book box du mois de juin. J’ai sorti ce roman de ma pile à lire à l’occasion d’une lecture commune avec mes copines blogueuses Cécilia de Between the books et Carole d’Un enfant qui lit.

J’aime beaucoup les histoires qui parlent de sport. Je ne suis pas sportive, mais j’adore tout ce qui tourne autour du dépassement de soi, des exploits, des émotions qui s’en dégagent. Alors forcément, j’ai commencé cette lecture avec un bon a priori, même si je gardais en tête que mon amie Caro n’avait pas aimé ce roman.

Petite fille, j’ai essayé de reproduire – sans aucun succès – quelques gestes de gymnastes au sol, m’enroulant les pieds dans un ruban et faisant des roulades de travers. J’ai vite compris que je ne ferais pas carrière en tant que gymnaste (oui, au moins, je suis lucide). Et si on me demande de citer des gymnastes, il n’y a que Nadia Comaneci et Suzanne Biles qui me viennent en tête (et encore, pour Suzanne Biles, c’est parce que les Jeux Olympiques ont eu lieu il y a à peine quelques mois). Mais justement, j’attendais de ce roman l’occasion d’en apprendre un peu plus sur cet univers qui ne m’est pas familier.

La petite communiste qui ne souriait jamais évoque la gymnastique des années 70 et 80 et bien entendu la carrière de Nadia Comaneci. Et cela m’a beaucoup plu. Les chapitres sont courts et si vous vous plongez dans cette lecture, je parie que vous ferez quelques pauses pour regarder des vidéos de Nadia afin de mieux visualiser – j’en ai même fait une pour regarder le téléfilm sur internet. Et j’ai été soufflée par cette petite gymnaste qui a révolutionné la discipline à son époque.

J’ai aimé que ce livre parle aussi du corps des gymnastes (même si c’est aussi dérangeant et  révoltant). On a la sensation que le corps de Nadia est tombé dans le domaine public et que chacun peut se permettre de donner son avis…

Et évidemment ce livre parle aussi de l’Histoire, celle de la Roumanie de Ceausescu. Et c’est assez passionnant.

En revanche, j’ai été déstabilisée par le dialogue fantasmé entre Nadia Comaneci et Lola Lafon qui ponctue les chapitres. Je comprends que l’auteure ait eu envie de faire parler la gymnaste, mais ça me pose un problème. Le rythme est cassé et là, on se retrouve dans une fiction, alors que le reste du livre – je n’arrive pas à dire roman, ni biographie, ni documentaire, ce livre est un objet inclassable – est proche du documentaire. Et ça m’a clairement déstabilisée.

Du coup, j’ai un avis en demi-teinte. J’ai aimé, mais pas complètement. Mais je pense que c’est une bonne manière d’en apprendre plus sur cette gymnaste hors du commun.

Un enfant (5) - Copie L’avis de Carole d’Un enfant qui lit.

Ce livre, c’est ma première lecture commune, avec mes copines Cécilia, du blog Between the books et Maeve, du blog Mademoiselle Maeve lit des livres.
Et la fin d’un mythe : eh, non, je ne lis pas que des livres pour enfants !
A chacune sa lecture, à chacune son point de vue.

Et autant vous le dire, tout de suite, je n’ai pas vraiment accroché.

Quand j’ai refermé ce livre, je me suis interrogée. Pourquoi l’avais-je choisi ?
Pourquoi était-il dans ma liste d’envies littéraires depuis un petit moment ?
Si mes souvenirs sont bons, c’est tout d’abord le titre qui m’avait interpellé. Qui est cette petite communiste ? Et, surtout, pourquoi ne souriait-elle jamais ?

Et puis, en me lisant le résumé de 4e de couverture, je me suis rendue compte que l’auteur allait nous parler de la célèbre gymnaste Nadia Comaneci. J’ai beau ne pas
être une petite fille de l’été 76, je connaissais l’athlète.

Se pencher sur l’Histoire, une Histoire pas si éloignée de nous ; et à travers le
parcours de la sportive. Je me suis laissée tenter par cette lecture. Et j’en reviens déçue.

Comme le précise Lola Lafon, dans son avant-propos, « [elle a] choisi de remplir les
silences de l’histoire et ceux de l’héroïne. » « L’échange entre la narratrice du roman et la gymnaste reste une fiction rêvée ».

Et cela m’a perturbé durant toute ma lecture. Tellement de versions de l’histoire de Nadia Comaneci nous ont été servi depuis de nombreuses années, que l’on se dit : à quelle version se fier ? Celle pré-écrite par les journalistes de l’époque, celle de la romancière ? Ou bien une version « directe », celle de la gymnaste ? Et, surtout, dans quel genre, nous situons-nous avec de livre ? Un roman ? Une biographie ?

Et je crois que c’est là que se situe mon problème. Je n’ai pas réussi à me positionner dans la lecture d’un roman. Etant sûrement trop dans l’attente d’une vision claire de la vie de la jeune fille et de l’époque, dans ce qui n’est pas une biographie. Je crois que ce livre et moi, nous n’avons pas réussi à nous rencontrer !

On pourrait parler de biographie romancée. Et ce roman nous laisse, malgré tout, à voir de nombreux éléments sur la condition des gymnastes roumaines et de Nadia C., ainsi que sur l’époque communiste.

En tout cas, ce qui est sûr, c’est que ce roman, vous donnera envie de voir ou
de revoir les images de la gymnaste dans ses meilleurs moments. Je n’ai qu’une chose à vous dire, lisez ce livre et faîtes-vous votre propre avis !

imageL’avis de Cécilia de Between the books

Cela faisait un petit moment que je tournais autour de ce titre. Il avait même été sélectionné dans la boîte n°2 de My Book Box « D’autres vies que la mienne ». Et puis quand j’ai vu la couverture dorée de la nouvelle édition, j’ai craqué et je l’ai mis dans mon panier. Cela tombait bien puisque mes comparses Maeve et Carole l’avaient aussi dans leur PAL. Nous avons donc toutes les trois lus ce roman en parallèle.

La petite communiste qui ne souriait jamais c’est Nadia C., célèbre gymnaste qui en 1976, aux Jeux Olympiques de Montréal transforma complètement la pratique de la gymnastique à seulement 14 ans. Mais il s’agit surtout d’une gymnaste roumaine qui a grandi au temps de la dictature de Ceausescu.

Je dois être honnête, je ne m’attendais à rien avec ce livre. Les échos que j’en avais eu étaient nuancés et réservés. Aux premières pages, j’ai été enchaînée au récit. Lola Lafon réussit à rendre, avec une concision efficace, la grâce sèche de la gymnastique. J’en arrivais à sentir l’odeur âcre de la magnésie, à entendre le tambourinement sourd des figures acrobatiques réalisées au sol ou encore le craquement métallique de la poutre, le grincement de la barre qui ploie. Je ne sais si c’est le talent de l’auteur ou si mes souvenirs sont toujours si proches d’affleurer que la moindre évocation les réveille. Toujours est-il que les premières pages m’ont donné des frissons. Je me rappelais distinctement le maillot blanc de Nadia Comaneci. Cette gymnaste a hanté mon enfance. Elle en était la figure mythique.

Le récit retrace le parcours de Nadia Comaneci. Rien de surprenant dans la suite des événements qui ressemblent à peu près au scénario du téléfilm que j’ai pu voir enfant. Mais l’ambition de l’auteur est d’offrir un contrepoint à ce scénario bien ficelé que l’on nous sert depuis toujours. Qui était vraiment Nadia ? Pour cela, l’auteur intègre des « conversations » fictives entre elle et Nadia qui lui permettraient de combler les vides. C’est à la fois intéressant de donner voix à Nadia mais aussi déconcertant puisque fictif. En réalité, on ne sort jamais de la fiction sur Nadia ; tout est théâtralisé, à l’image du régime roumain mis en place par Ceausescu.

Je crois qu’il y a deux lectures possibles à ce récit : une historique, mise en avant par la couverture originale et une plus gymnique comme le laisse supposer la nouvelle couverture. Or c’est la lecture gymnique que je privilégie. Lola Lafon retranscrit par des figures de style aériennes et un style parfois sec et rythmé toute la force et la violence de ce sport. A travers ce sport, c’est l’image de la femme qui est interrogée. Le corps de Nadia est exposé, analysé, pesé, jugé, observé. Évidemment, cela a réveillé en moi des souvenirs, des malaises mais la réflexion à mener est bien plus globale.

En fait, si Nadia est mythique, c’est qu’aucun discours n’arrive à rendre compte de ce qu’elle est. C’est ce que prouve ce récit. Ni le discours officiel, ni le discours romancé ne parviennent à saisir les parts d’ombre de cette femme. Elle reste donc une icône, figée et glacée. Et n’est-ce pas là la seule vérité ?

La petite communiste qui ne souriait jamais – Lola Lafon – 10/18

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3 réflexions sur “La petite communiste qui ne souriait jamais – Lola Lafon

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