Marx et la poupée – Maryam Madjidi

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« Depuis le ventre de sa mère, Maryam vit de front les premières heures de la révolution iranienne. Six ans plus tard, elle rejoint avec sa mère son père en exil à Paris.
À travers les souvenirs de ses premières années, Maryam raconte l’abandon du pays, l’éloignement de sa famille, la perte de ses jouets – donnés aux enfants de Téhéran sous l’injonction de ses parents communistes -, l’effacement progressif du persan au profit du français qu’elle va tour à tour rejeter, puis adopter frénétiquement, au point de laisser enterrée de longues années sa langue natale.
Dans ce récit qui peut être lu comme une fable autant que comme un journal, Maryam Madjidi raconte avec humour et tendresse les racines comme fardeau, rempart, moyen de socialisation, et même arme de séduction massive. »
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La première fois que j’ai entendu parler de Marx et la poupée, c’est à la bibliothèque de Saint-Pierre-des-Corps. Le premier roman de Maryam Madjidi était le coup de cœur de Valérie (d’ailleurs, vous pouvez retrouvez son avis en lisant mon article : Les bibliothécaires s’en mêlent). Ensuite, ma copine Cécilia, du blog Between the books en a parlé son sur blog (pour lire son avis, c’est ici) et a pu la rencontrer à Amboise. Elle m’a dit que c’était un super moment, alors quand j’ai appris que l’auteure viendrait à la bibliothèque de Saint-Pierre-des-Corps, j’ai noté la date dans mon agenda et, bien entendu, je me suis plongée dans le roman.

Marx et la poupée a été récompensé par le Goncourt du premier roman et par le prix Ouest-France Étonnants Voyageurs.

Ce roman m’a fait penser à Jésus et Tito. Dans Jésus et Tito, Velibor Čolić raconte son enfance et sa jeunesse, sous forme de petits chapitres. C’est drôle et parfois dur. Dans Marx et la poupée, Maryam Madjidi raconte aussi son enfance et sa jeunesse en Iran puis en France.

Cela commence dans le ventre de sa mère, lorsque celle-ci saute par la fenêtre pour échapper à une agression, durant la révolution iranienne. Le ton est posé, il sera dur, mais en même temps plein de poésie et de passages oniriques dans lesquels Maryam perd son « je » pour un « elle », ou le fantasme prend le pas sur la réalité. Mais quels que soient les choix de l’auteure, le lecteur est happé par la musicalité de la langue, la beauté des images, comme celle de la petite fille qui enterre ses jouets, du père qui enterre ses livres et de la mère qui enterre ses rêves.

Dans Marx et la poupée, on fait connaissance avec une petite fille exilée, qui quitte l’Iran pour la France, sa grand-mère pour l’inconnu, sa langue pour l’incompréhension. Et qui grandit en reniant ses origines, jusqu’au jour où elle ressentira le besoin de se réconcilier avec ses racines. « Je ne suis pas un arbre, je n’ai pas de racines ! »

Marx est la poupée est un coup de cœur, qui aborde la révolution iranienne, l’exil, la famille, tout cela avec beaucoup de finesse et d’émotion. Une très jolie découverte.

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Marx et la poupée – Maryam Madjidi – Le nouvel Attila – 408 pages (janvier 2017)

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Maryam Madjidi sera à la bibliothèque de Saint-Pierre-des-Corps aujourd’hui, vendredi 20 octobre, pour une rencontre-dédicace à 18h30.
3 rue Henri-Barbusse
02 47 63 43 17

3 réflexions sur “Marx et la poupée – Maryam Madjidi

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