Protocole gouvernante – Guillaume Lavenant

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«Une jeune femme sonne à la porte d’une maison dans une banlieue pavillonnaire coquette et tranquille. Le couple aisé qui l’accueille lui donne quelques recommandations concernant leur fille Elena, dont elle aura la charge. La gouvernante sourit, pose les mains bien à plat sur ses genoux, module sa voix, les met à l’aise… En suivant à la lettre le protocole imaginé par l’étrange Lewis, elle saura se rendre indispensable. Elle deviendra la confidente et l’objet de tous les désirs enfouis par cette famille en apparence idéale. Mais cette gouvernante n’est pas seule. Ils sont nombreux comme elle à s’être infiltrés à divers endroits de la société. Les motos vont rugir. Une action d’envergure se prépare et, dans l’ombre, tous y concourent. Alors que le vernis craque et que l’emprise de la jeune femme grandit, la tension se fait de plus en plus palpable. Jusqu’au grand jour.»

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Protocole gouvernante m’intriguait. Le premier roman de Guillaume Lavenant a retenu l’attention de plusieurs membres du comité de lecture Cultura, qui ont noté une forme originale et une fin surprenante.

Je n’ai pas eu l’occasion de lire à ce moment-là, mais il était toujours dans un coin de ma tête. Quand je l’ai vu à la bibliothèque, je n’ai pas hésité. Enfin si, un peu, car une de mes collègues m’a dit qu’elle s’était vraiment ennuyée et qu’elle avait le sentiment d’avoir perdu du temps avec ce livre. Elle avait un peu douché mon enthousiasme, il faut bien l’avouer. Mais elle avait raison, hélas, car moi aussi aussi, j’ai finalement eu la sensation d’avoir perdu du temps que j’aurais pu utiliser à lire un livre plus passionnant. 

La forme de ce premier roman est vraiment très originale. Ça m’a fait penser à La condition pavillonnaire de Sophie Divry, qui est un roman écrit à la deuxième personne du singulier. « Tu fais ça, tu dis ça, tu t’ennuies, tu t’endors… ». Protocole gouvernante est écrit à la deuxième personne du pluriel. Et au futur. « Vous entrerez, vous sourirez, ils vous répondront ça… » C’est assez étonnant, l’héroïne, « vous », suit un protocole tellement précis qu’absolument tout est prévu et parfaitement prévu – à tel point que j’ai pensé à un moment que je me plantais totalement et que j’étais dans la tête de « vous » et que « vous » se parlait au futur. Mais non.

Malheureusement, passée la surprise de ce style très atypique, on se dit qu’on a compris et ça devient un peu lassant.

Ensuite l’histoire. Elle est plutôt intéressante. Je ne vais pas entrer dans les détails, car ce qui est vraiment bien, c’est de découvrir ce qui se met doucement en place, mais c’est un peu « nous sommes là, en veille, nous sommes vos voisins, vos instituteurs, vos serveurs, vos livreurs… Soyez vigilants ». Et c’est plutôt bien vu. Mais je n’ai quand même pas trouvé ça dingue. Le véritable avantage que j’ai trouvé à Protocole gouvernante, c’est qu’il m’a donné envie de me plonger dans La servante écarlate de Margaret Atwood, qui traîne dans ma Pile à lire depuis des mois (gouvernante, servante… Il ne faut pas chercher plus loin l’association qui s’est faite dans mon esprit). Et c’est la petite motivation dont j’avais besoin pour me lancer dans ce pavé.

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Protocole gouvernante – Guillaume Lavenant – Rivages – 188 pages (août 2019)

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