Au grand lavoir – Sophie Daull

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« Une romancière participe à une émission littéraire télévisée à l’occasion de la parution de son premier livre. Elle ne se doute pas qu’au même moment son image à l’écran bouleverse un employé des Espaces verts de la ville de Nogent-le-Rotrou. Repris de justice pour un crime commis il y a trente ans, menant désormais une vie bien rangée, ce dernier est confronté de façon inattendue à son passé, à son geste, à sa faute. Car la romancière est la fille de sa victime. Et, dans cinq jours, elle viendra dédicacer son ouvrage dans la librairie de la ville. Un compte à rebours se déploie alors pour cet homme solitaire, dans un climat à la fois banal et oppressant, en attendant le face-à-face qu’il redoute mais auquel il ne pourra se dérober. Dans ce texte où chaque personnage est en quête d’une réparation intime, Sophie Daull intervient pour affirmer la fidélité qu’elle voue aux disparus, aux fleurs et aux sous-préfectures. Un roman brillamment construit sur les ambiguïtés du désir de pardon. »

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Le résumé d’Au grand lavoir m’a interpellée, il m’a tout de suite donné envie. Je ne connaissais pas Sophie Daull, mais le titre de son premier roman me disait quelque chose, je pense qu’on a dû pas mal en parler à sa sortie. Camille, mon envolée.

Camille, mon envolée n’est pas vraiment un roman. Sophie Daull y raconte sa fille, disparue brusquement à seize ans. Dans Au grand lavoir, l’héroïne écrit un premier livre sur la mort de sa fille de seize ans. Coïncidence ? Parce que je n’aime pas avoir des soupçons et des doutes, j’ai alors reposé le livre et mené mon enquête. Et ce que j’ai découvert a totalement modifié mon point de vue sur cette histoire.

Le résumé me tentait : une romancière en tournée promotionnelle, un ancien détenu devenu jardinier choqué de découvrir qu’elle va venir en dédicace dans sa ville – il a fait de la prison pour avoir assassiné la mère de cette femme… La vérité est que la mère de Sophie Daull a été assassinée. Elle raconte d’ailleurs l’histoire de sa mère dans son deuxième roman, La suture. Dans son troisième roman, Au grand lavoir, elle parle donc de l’assassin de sa mère. Et moi qui pensais avoir entre les main une fiction, je le retrouvais avec un roman inspiré de l’histoire de l’autrice. Et quand cette histoire est si triste, ce n’est plus si facile à lire.

Sophie Daull écrit bien et avec beaucoup de pudeur. C’est très agréable à lire, malgré le sujet. J’ai aimé me retrouver dans l’univers des fleurs à travers le personnage de ce jardinier municipal – ce n’est pas si souvent que l’on retrouve cette profession dans un roman. J’ai aussi aimé la romancière qui apparaît un peu comme le personnage omniscient, qui observe et qui s’interroge. Et la pointe d’irréalité et de fantaisie.

Je ne pensais pas me retrouver avec un tel livre entre les mains en démarrant ma lecture, mais une chose est certaine : je ne suis pas prête d’oublier ce roman.

Pour voir ma chronique sur France Bleu Touraine :

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Au grand lavoir – Sophie Daull – Philippe Rey – 154 pages (août 2018)

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