La maison dans laquelle – Mariam Petrosyan

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« Dans la Maison, vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d’avant. Dans la Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis. Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres. Dans la Maison, vous connaîtrez l’amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l’existence, et même quand vous serez seul, ça ne sera jamais vraiment le cas. Dans la Maison, aucun mur ne peut vous arrêter, le temps ne s’écoule pas toujours comme il le devrait, et la Loi y est impitoyable. Dans la Maison, vous atteindrez vos dix-huit ans transformé à jamais et effrayé à l’idée de devoir la quitter.
Ensorcelante évocation de l’adolescence, La Maison dans laquelle est un chant d’amour à cet âge ingrat et bienheureux, à ses exaltations et ses tragédies, au sentiment de frustration et de toute-puissance qui le traverse. Mariam Petrosyan a réussi à créer un univers bariolé, vivant et réaliste, pétri de cette nostalgie et de cet émerveillement que nous avons tous au fond de nous et qui fait que, parfois, nous refusons de grandir et d’affronter la brutalité du monde qu’on appelle la réalité. »

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Des années que La maison dans laquelle me faisait de l’œil. Des années que j’hésitais à l’acheter ou à l’emprunter à la bibliothèque. Des années que je renonçais, effrayée par le nombre de pages de ce roman. Et que je remettais mon envie à plus tard à plus tard – d’accord ce roman n’est sorti en France qu’en 2016, mais cela fait quand même depuis 2016 que je louche dessus. Et puis, le jour du confinement, juste avant de quitter le travail, j’ai constitué une petite pile de secours, au cas où je n’aurais plus rien eu à lire à la maison (l’espoir de vider ma PAL fait vivre) et j’ai mis La maison dans laquelle dedans. Ce roman pèse l’équivalent d’un âne mort et je me suis dit qu’il serait finalement plus judicieux de le lire tant que je n’avais pas à bouger de la maison, car si j’avais à le transporter dans mon sac, j’allais finir par me déboîter l’épaule.

Pourquoi voulais-je absolument lire ce roman ? La couverture intrigante, le résumé atypique, ce « NE PAS FRAPPER. NE PAS ENTRER. » inscrit sur la quatrième de couverture. Et la présentation de l’autrice Mariam Petrosyan par l’éditeur Monsieur Toussaint Louverture (qui déniche de sacrées pépites) : « A dix-huit ans, Mariam Petrosyan (née en 1969 à Erevan en Arménie) commence à ébaucher les personnages qui deviendront les héros d’un livre qu’elle écrira sans chercher à le faire publier pendant une dizaine d’années : La Maison dans laquelle. Elle finira par laisser un exemplaire du manuscrit à des amis qui, quinze ans plus tard, après être passé de lecteurs en lecteurs comme un trésor secret, arrive entre les mains d’un éditeur qui y jette un oeil avant de le dévorer en quelques jours. A sa sortie en 2009, le livre est nominé et lauréat de nombreux prix, et devient un best-seller. Depuis, la communauté de ses fans ne cesse de grandir. La Maison dans laquelle est le seul roman de Mariam Petrosyan. Tout comme elle dit ne pas vraiment l’avoir écrit mais y avoir vécu, s’y être réfugiée soir après soir, elle ressent un grand vide depuis sa parution. »

Il m’a fallu deux semaines pour lire La maison dans laquelle. Ce n’est pas rien. Sais on sait que je lis une vingtaine de livres par mois, passer deux semaines sur un roman ne m’arrive pas souvent. C’est un roman exigeant, une histoire qui se déguste, qui happe, qui vous appelle, vous invite à mettre un pied dans la maison pour une aventure qui ne sera pas sans danger.

La Maison est un internat pour enfants handicapés moteurs ou mentaux. Un lieu dans lequel on ne parle pas de l’Extérieur, parce que l’Extérieur fait peur. D’ailleurs, en arrivant, chaque enfant ou adolescent se voit dépouillé de son nom, il reçoit un surnom et est envoyé dans un groupe. Il y a beaucoup de règles dans la Maison. Beaucoup de règles dans les groupes, certaines sont tellement anciennes que personne ne sait qui les a instaurées. Et certaines sont dangereuses.

La Maison dans laquelle est un roman d’apprentissage – j’adore ça. Les personnages sont nombreux. Les narrateurs aussi. Les sauts temporels également. Il n’est pas évident d’aborder cette lecture. On découvre tout d’abord Fumeur, dans son fauteuil roulant un Faisan exclu par son propre groupe et envoyé chez les Crevards pestiférés. Puis Sauterelle, un petit bonhomme sans bras qui arrive dans la Maison et qui va devenir ami avec L’Aveugle, un enfant solitaire aussi dangereux que fascinant.

Dans la Maison, chaque enfant a une particularité, un handicap, un trouble psychologique, mais on ne s’attarde pas vraiment sur ce qui les différencient les uns des autres. On voit des gamins qui aiment, se battent, fanfaronnent, s’entraident. Des gamins d’une maturité parfois surprenante. Des gamins qui dessinent, chantent, écrivent, jouent de la guitare, tricotent, boivent. Des gamins un peu comme n’importe quels gamins, mais qui vivent dans la Maison. Cette Maison qui semble les happer, comme elle happe le lecteur.

Comme je vous le disais plus haut, il n’est pas facile d’aborder cette lecture. Et au départ, j’ai eu du mal à comprendre. J’avais beaucoup trop de questions en tête. Où est la maison ? Quand se déroule l’histoire ? Qui sont ces gamins ? Qui peut les laisser vivre comme ça dans un lieu qui paraît absolument insalubre et hautement dangereux ? Et puis, j’ai fini par lâcher prise et me concentrer sur ce que les enfants et la Maison me racontaient plutôt que sur ce qu’ils ne me racontaient pas. Et la magie a opéré.

J’avais parfois envie d’avancer plus vite pour terminer ce livre et enfin passer à autre chose, mais en même temps, je savais – et ça n’a pas loupé – que finir ma lecture allait me rendre un peu triste. Parce que je me suis attachée aux personnages, parce que j’ai accepté de lâcher prise et que j’ai découvert une histoire étonnante, profondément marquante. Je n’avais pas lu un tel roman depuis je ne sais pas quand. C’est un petit bijou, une aventure à vivre pour tous les control freaks. Un livre à mettre directement sur son étagère aux côtés des meilleurs livres de tous les temps. Oui ,rien que ça.

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La maison dans laquelle – Mariam Petrosyan – Monsieur Toussaint Louverture – 960 pages (février 2016)

3 réflexions sur “La maison dans laquelle – Mariam Petrosyan

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