Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs – Mathias Enard

photostudio_1620496344935
photostudio_1555885361723

« Pour les besoins d’une thèse sur « la vie à la campagne au XXIe siècle », l’apprenti ethnologue David Mazon a quitté Paris et pris ses quartiers dans un modeste village fictif au bord du Marais poitevin. Logé à la ferme, bientôt pourvu d’une mob propice à ses investigations, s’alimentant au Café-Épicerie-Pêche et puisant le savoir local auprès de l’aimable Maire – également fossoyeur –, le nouveau venu entame un journal de terrain, consigne petits faits vrais et mœurs autochtones, bien décidé à circonscrire et quintessencier la ruralité.
Mais déjà le Maire s’active à préparer le Banquet annuel de sa confrérie – gargantuesque ripaille de trois jours durant lesquels la Mort fait trêve pour que se régalent sans scrupule les fossoyeurs – et les lecteurs – dans une fabuleuse opulence de nourriture, de libations et de langage. Car les saveurs de la langue, sa rémanence et sa métamorphose, sont l’épicentre de ce remuement des siècles et de ce roman hors normes, aussi empli de truculence qu’il est épris de culture  populaire, riche de mémoire, fertile en fraternité. »

photostudio_1555885425446

Lorsque j’ai découvert que Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs faisait partie de la sélection pour le prix Audiolib, j’étais ravie. Lorsque ce roman est sorti, je ne sais pas vraiment expliquer pourquoi, mais il m’a fait de l’œil. Et puis je n’avais pas encore eu l’occasion de découvrir la plume de Mathias Enard, auteur multi-recompensé, entre autre, par les obscurs prix Goncourt 2015 pour Boussole et Goncourt des lycéens 2009 pour Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants (qui traîne dans la PAL de Fred et qui va finir par migrer dans la mienne, parce que ce roman m’intrigue).

Bref, je n’avais finalement pas sauté sur ce roman – une vague promesse faite à ma Pile à Lire – et avoir l’occasion de l’écouter me réjouissait.

David Mazon débarque dans un petit village du Marais poitevin pour réaliser une enquête. Il est ethnologue et souhaite cartographier les habitants pour sa thèse sur la vie à la campagne au XXIe siècle. Il laisse derrière lui sa copine et son confort parisien pour s’installer dans un gîte appelé La pensée sauvage.

On suit les aventures de l’étudiant ethnologue à travers son journal d’enquête. Ses apéros au café-pêche, la mobylette qu’il emprunte à la ferme, les chats qui élisent domicile chez lui et toutes ses pérégrinations. Et Lucie…

J’ai été assez surprise par la voix très grave de Vincent Schmitt, comédien français vu dans pas mal de séries et téléfilms. Sa voix est très grave et ne correspond pas tout à fait à l’idée que je me faisais de David Mazon, trentenaire citadin. Mais au fur et à mesure de mon écoute, j’ai constaté qu’il arrivait à me faire sourire et même rire avec sa manière toute particulière de lire les digressions du journal de David.

J’étais assez captivée par les pensées de David, je le voyais petit à petit abandonner sa thèse pour profiter de la vie rurale. Découvrir la chasse, les jeux de cartes avec un jeune mécanicien un peu simplet incollable sur les dates, les apéros au café pêche et affronter le froid pour aller voler des cierges à l’église.

Et puis. Et puis, on change complètement d’ambiance avec le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs. Ou l’on retrouve 99 fossoyeurs qui ripaillent durant trois jours et parlent et chantent des chansons paillardes, jouent avec les mots. Puis on découvre des histoires tragiques, des histoires de morts et de réincarnations.

Et là, au banquet et dans toutes ces réincarnations, je me suis perdue. J’ai trouvé ça long et je me suis demandée où tout cela allait me mener. Heureusement, que ce fut à David et à son journal d’enquête pour que je puisse terminer sur une note plus rassurante.

J’ai vraiment aimé suivre David, mais j’ai été moins séduite par les fossoyeurs, ce qui est le bémol de mon écoute. Toutefois, comme je suis revenue à la fin à David et sa voiture puante – oui, il finit par abandonner la mobylette pour un véhicule plus sûr, mais qui pue le cadavre et dont la vitre tient magiquement à l’aide d’un tournevis enfoncé dans la portière – j’ai terminé sur une note positive.

Étrange de me dire que ce titre qui m’avait intriguée, Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs, fait finalement référence au passage du livre qui m’a perdue.

Je ne sais pas si je vous donnerai envie de lire ce roman ou de l’écouter. Moi même je ne sais pas trop si j’ai aimé. Je reste assez perplexe. Mais pour David et les sourires, ça reste une bonne expérience. Dommage que ça n’ait pas été comme ça tout le temps.

photostudio_1555881547414

Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs – Mathias Enard- Audiolib – 14h57 – lu par Vincent Schmitt (janvier 2021)

2 réflexions sur “Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs – Mathias Enard

  1. Pingback: E / H | Mademoiselle Maeve

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s