Mon mari – Maud Ventura

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« Excepté mes démangeaisons inexpliquées et ma passion dévorante pour mon mari, ma vie est parfaitement normale. Rien ne déborde. Aucune incohérence. Aucune manie. »
Elle a une vie parfaite. Une belle maison, deux enfants et l’homme idéal. Après quinze ans de vie commune, elle ne se lasse pas de dire « mon mari ». Et pourtant elle veut plus encore : il faut qu’ils s’aiment comme au premier jour. Alors elle note méthodiquement ses « fautes », les peines à lui infliger, les pièges à lui tendre. Elle se veut irréprochable et prépare minutieusement chacun de leur tête-à-tête. Elle est follement amoureuse de son mari. Du lundi au dimanche, la tension monte, on rit,
on s’effraie, on flirte avec le point de rupture, on se projette dans ce théâtre amoureux.

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Chez L’iconoclaste, j’attendais surtout la sortie du nouveau roman de Cécile Coulon, Seule en sa demeure. Mais la couverture de Mon mari, premier roman de Maud Ventura, m’a happée, elle est si réussie. Et le résumé a fini de me convaincre de cesser toute activité pour me plonger dans cette lecture.

Maud Ventura a vingt-huit ans. Mon mari est son premier roman. Elle est par ailleurs rédactrice en chef des podcasts sur NRJ. Tous ces premiers romans si bien, moi ça me fait drôlement plaisir, même si ça met une sacrée pression sur les auteurs, attendus au tournant pour la suite. Souvenez-vous d’Harper Lee…

Mon mari commence comme une histoire d’amour. Une histoire d’amour un peu étrange, certe, mais une histoire d’amour. Elle, on ne saura jamais son nom, est mariée depuis quinze ans à son mari. « Son mari »… Comme elle aime prononcer ce mot. Et son mari, elle l’aime toujours comme au premier jour – prends ça Beigbeder ! Elle l’aime plus que ses enfants, d’ailleurs. Elle est prof d’anglais et aimé glisser dans ses textes le prénom de son mari – qu’on ne connaîtra pas – pour le simple plaisir d’entendre ses élèves le prononcer. Cet amour semble assez… intense. Voire bizarre, lorsqu’elle raconte d’autres petites choses qu’elle fait pour susciter l’attention de son mari : changer de tenue, sans oublier de tâcher la première au cas où il le verrait, laisser traîner des lettres d’amour à un autre (fictif) pour déclencher une crise de jalousie…

Et puis il y a les carnets. Et l’on se dit que peut-être quelque chose cloche. Et qu’elle est peut-être un peu cinglée.

J’ai aimé l’écriture très sobre, j’ai aimé l’ambiance très américaine – on se croirait dans Wisteria Lane avec une cousine sociopathe de Bree Van de Kamp.

J’ai aussitôt pensé aux Apparences de Gillian Flynn. Et forcément, j’ai adoré. Car Mon mari est aussi drôle – selon moi – que glaçant. Et je me dis que Maud Ventura pourrait bien devenir une spécialiste du « thriller domestique » (je n’aime vraiment pas ce nom, mais bon, on ne m’a pas demandé mon avis quand il a été inventé, sinon j’aurais trouvé un truc nettement mieux, c’est certain) !

Voir ma chronique en vidéo sur France Bleu Touraine :

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Mon mari – Maud Ventura – L’iconoclaste – 355 pages (août 2021)

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8 réflexions sur “Mon mari – Maud Ventura

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