Poussière dans le vent – Leonardo Padura

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« Ils ont vingt ans. Elle arrive de New York, il vient de Cuba, ils s’aiment. Il lui montre une photo de groupe prise en 1990 dans le jardin de sa mère. Intriguée, elle va chercher à en savoir plus sur ces jeunes gens.
Ils étaient huit amis soudés depuis la fin du lycée. Les transformations du monde et leurs conséquences sur la vie à Cuba vont les affecter. Des grandes espérances jusqu’aux pénuries de la «Période spéciale» des années 90, après la chute du bloc soviétique, et à la dispersion dans l’exil à travers le monde. Certains vont disparaître, certains vont rester, certains vont partir.
Des personnages magnifiques, subtils et attachants, soumis au suspense permanent qu’est la vie à Cuba et aux péripéties universelles des amitiés, des amours et des trahisons.
Depuis son île, Leonardo Padura nous donne à voir le monde entier dans un roman universel. Son inventivité, sa maîtrise de l’intrigue et son sens aigu du suspense nous tiennent en haleine jusqu’au dernier chapitre.
Ce très grand roman sur l’exil et la perte, qui place son auteur au rang des plus grands écrivains actuels, est aussi une affirmation de la force de l’amitié, de l’instinct de survie et des loyautés profondes. »


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L’un des très jolis romans de cette rentrée littéraire 2021 est sans nul doute Poussière dans le vent de Leonardo Padura. Je ne suis, a priori, pas seule à le penser puisque qu’il est dans la sélection du prix Médicis et du prix Femina. Et c’est tant mieux pour ce roman qui est vraiment à découvrir.

L’auteur, Leonardo Padura, est né et vit toujours à La Havane. Il a reçu le prix Raymond Chandler en 2009, le Prix national de littérature cubain en 2012, et le prestigieux prix Princesse des Asturies en 2015 pour l’ensemble de son œuvre. Le titre de Poussière dans le vent est inspiré de la chanson Dust in the wind de Kansas de 1977.

Adela Fitzberg et Marcos Martinez Chaples se rencontrent en boîte de nuit à Miami. Elle vient de New York et s’intéresse à la culture cubaine et lui vient de quitter l’île pour les États-Unis. Entre eux, c’est le coup de foudre. Un jour, Carlos montre à Adela une photo que sa mère Clara, restée à Cuba, a posté sur sa page Facebook. Une photo vieille de trente ans de Clara avec son « Clan », comme elle et ses amis avaient l’habitude de s’appeler. Et Adela y reconnaît sa mère. Sa mère qui s’appellerait en réalité Elisa Correa et qui aurait disparu peu de temps après un drame qui a touché le Clan.

Je ne vous en dis pas plus, sauf que très rapidement, on se pose des questions qui deviennent existentielles et nous empêchent de poser ce roman : Qui est Elisa ? Pourquoi est-elle partie de Cuba ? Et quel est ce drame qui a fait exploser le Clan ?

Poussière dans le vent se lit comme un roman plein de suspense, il ne faut absolument pas avoir peur de ses 640 pages, elles se dévorent. On peut être décontenancé par tous les personnages que l’on rencontre au début, mais finalement chaque voix est nécessaire au récit. Elles apportent un éclairage sur l’histoire du Clan et ce que les membres sont devenus, ce qui leur est arrivés, une question que se posent tous les membres du Clan.

Ce roman nous fait voyager à Cuba, notamment durant les années quatre-vingt-dix. Après la chute de l’URSS et en raison de l’embargo américain, les Cubain ont vécu une crise économique très grave, appelée la Période spéciale. Il n’y avait pas assez à manger pour tous, des coupures d’électricité quotidienne allant jusqu’à seize heures consécutives et tout ce qui restait était hors de prix. Le tarif d’un trajet en taxi jusqu’à l’hôpital ? Un mois de salaire d’ingénieur. A cette époque, beaucoup de Cubains se sont échappés du pays. Et s’ils en avaient les moyens, ils envoyaient un peu d’argent aux familles ou amis restés sur place.

Poussière dans le vent est un beau roman. A la fois dur et terriblement touchant. Et ce suspense qui tient en haleine jusqu’à la fin a failli me rendre folle. Il fait partie de ces romans que l’on est triste de refermer, parce qu’il faut dire au revoir. Mais cela veut dire aussi que durant un instant, on était ailleurs, avec Elisa, Clara, Bernardo Horacio, Irving et les autres…

Voir ma chronique sur France Bleu Touraine :

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Poussière dans le vent – Leonardo Padura – Métailié – 640 pages (août 2021)

4 réflexions sur “Poussière dans le vent – Leonardo Padura

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