Blackwater, l’épique saga de la famille Caskey – Michael McDowell

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resume« Pâques 1919, alors que les flots menaçant Perdido submergent cette petite ville du nord de l’Alabama, un clan de riches propriétaires terriens, les Caskey, doivent faire face aux avaries de leurs scieries, à la perte de leur bois et aux incalculables dégâts provoqués par l’implacable crue de la rivière Blackwater.
Menés par Mary-Love, la puissante matriarche aux mille tours, et par Oscar, son fils dévoué, les Caskey s’apprêtent à se relever… mais c’est sans compter l’arrivée, aussi soudaine que mystérieuse, d’une séduisante étrangère, Elinor Dammert, jeune femme au passé trouble, dont le seul dessein semble être de vouloir conquérir sa place parmi les Caskey. »
monavis

Blackwater, l’épique saga de la famille Caskey de Michael McDowell est un petit phénomène qui cartonne : une saga familiale en six tomes sortis tous les quinze jours entre avril et juin. Entre les couvertures sublimes (on peut faire confiance à Monsieur Toussaint Louverture), l’histoire intrigante et le format feuilleton, il y avait de quoi faire craquer les lecteurs, notamment ceux qui aiment avoir de beaux objets dans leurs bibliothèques (et là, je plaide vraiment coupable). En raison du succès de cette série, on avait plutôt intérêt à acheter chaque tome le jour de sa sortie car sinon, on était bons pour attendre sa réimpression. Et je peux vous dire qu’avec ma collègue Valérie, tombée elle aussi dans la toile de Blackwater, on était toujours au rendez-vous le jour-même.

L’épique saga de la famille Caskey a été publiée en 1983 aux États-Unis à raison d’un tome par mois en format poche. Il aura fallu attendre 2022 pour qu’elle soit traduite en français et Monsieur Toussaint Louverture, en hommage sans doute, a choisi de maintenir le format poche, feuilleton et le découpage en six tomes (en un seul volume le livre ferait plus de 1500 pages, ce qui aurait été moins sympa à transporter dans son sac à main et plus effrayant pour les lecteurs).

Mais trêve de blabla, passons à ce qui nous intéresse. Je n’ai pas envie d’écrire une chronique par tome (qui sont donc 1. La crue. II, La digue. III, La maison. IV, La guerre. V, La fortune. VI, Pluie. Est-ce que je suis la seule à être gênée par l’article manquant devant Pluie ?), car je risquerais les redites et les révélations brutales. De toute façon, la saga a été pensée en un seul volume et découpée ensuite, donc en parler en une seule fois reste dans l’esprit du roman.

Blackwater, c’est l’histoire du clan Caskey que l’on va suivre de 1919 à 1969. Il s’agit d’une riche famille de Perdido, une petite ville de l’Alabama. Tout commence par une crue qui ravage Perdido. Oscar Caskey et son domestique font un tour en barque dans la ville pour voir s’il reste des gens à évacuer et c’est ainsi qu’ils découvrent Elinor Dammert. Une belle et mystérieuse femme. Oscar tombe sous le charme de cette femme aux cheveux roux comme la boue de la rivière Perdido et ne tarde pas à se fiancer avec elle. Ce qui tombe bien car Elinor semble avoir pour objectif d’entrer dans le clan.

On suit les Caskey sur cinquante ans, les voyant s’adapter à leur époque, celle de la Grande dépression ou plus tard de l’Après-Guerre. Si le clan s’agrandit, évolue, les femmes restent à sa tête, notamment Mary-Love, qui dirige son petit monde à la baguette. Blackwater est un roman dans lequel les femmes sont fortes et reconnues comme telles, un roman dans lequel l’homosexualité ne pose aucun problème à personne. C’est bien, hein ? Et un peu surprenant dans le sud des États-Unis au début du XXe siècle. Mais l’auteur originaire de ce coin réussit à plonger le lecteur dans l’ambiance de Perdido et la guerre froide entre la nouvelle venue Elinor et Mary-Love, la mère d’Oscar.

On prend plaisir à suivre cette famille année après année, génération après génération. Si bien que l’on oublierait presque le côté horrifique de Blackwater. Michael McDowell avait un petit penchant pour l’horreur et la mort. Il était d’ailleurs collectionneur d’artefacts mortuaires. Le scénariste de Beetlejuice était également proche de Stephen King. Je ne vous dévoile rien, car on le découvre dès les premières pages, Elinor a quelque chose d’inhumain – ou alors d’humain – lié à l’eau de la Perdido. Mais, curieusement, franchement, la plupart du temps, je n’y pensais pas. Je voyais Elinor comme l’adversaire de Mary-Love, une femme mystérieuse qui semble avoir un temps d’avance sur tout le monde. Mais on ne peut pas nier qu’il y a une ambiance étrange dans cette série. Une ambiance qui rend l’histoire addictive. Et puis, oui, c’est vrai qu’il y a une petite pointe d’horreur qui monte crescendo de tome en tome, mais il n’y a pas de quoi faire des cauchemars – enfin tant que ça reste bien enfermé dans les livres et que ça ne débarque pas chez moi.

Chaque tome se dévore et donne envie d’attaquer le suivant (heureusement qu’il n’a pas fallu attendre un mois entre chaque, ou pire). Ma préférence va à La maison, le quatrième, que j’ai trouvé plus dense. Forcément j’ai eu une petite chute d’intérêt au tome suivant un cran en-dessous. Et j’ai commencé à me demandé comment l’histoire allait se terminer. Parce qu’au bout de 1500 pages, on s’attache et on veut une fin à la hauteur de l’histoire. Et… je ne dirai rien de plus. Je vous laisse découvrir.

Voir ma chronique sur France Bleu Touraine :

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Blackwater, l’épique Saga de la famille Caskey. 1. La crue. II, La digue. III, La maison. IV, La guerre. V, La fortune. VI, Pluie. – Michael McDowell – Monsieur Toussaint Louverture (juin 2022)

8 réflexions sur “Blackwater, l’épique saga de la famille Caskey – Michael McDowell

  1. Merci pour cette chronique sur l’ensemble de la saga, je me demandais justement après ma lecture du premier, parfois en demi-teinte, comment ça évoluait et tu me rassures pour le fantastique, l’horreur et la chroniques de ces époques différentes ^^
    Je pense poursuivre cet été 😁

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    • C’est vrai que c’est une série phénomène. On a ressenti la même chose ma collègue et moi. Certains tomes très bons, d’autres moins. Et la fin… Disons que l’on se dit un peu « tout ça pour ça ». Mais on passe un excellent moment. Alors, ce n’est peut-être pas une lecture essentielle. L’avantage du succès de Blackwater, c’est que tu pourras peut-être l’emprunter à un de tes proches 😉
      Bises et bises

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  2. Pingback: Michael McDowell – Blackwater, La Crue (Tome 1) | Sin City

  3. Pingback: M / P | Mademoiselle Maeve

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