Une femme invisible – Nathalie Piégay

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le-resume

« Pourquoi ne pas avoir écrit sur une femme qui a fait œuvre ? Qui a marqué l’histoire ? Qui a laissé derrière elle autre chose que des bribes et un fils ? Pourquoi m’acharner sur une comparse, sur une figure qui n’apparaît que dans l’ombre que projettent les grands hommes, dans les interstices de leur biographie ? Les feuilles s’entassent sur mon bureau, les livres où je cherche sa trace. Tous parlent de son fils, ou d’Andrieux, le père de l’enfant. Elle n’y apparaît qu’au détour d’une parenthèse, elle est reléguée en note de bas de page… »

monavis

La femme invisible de Nathalie Piégay a été le second titre que j’ai eu l’occasion de lire en tant que membre du comité de lecture de Cultura Chambray-lès-Tours.

Je l’ai pris totalement au hasard dans la pile de livres que Cultura avait mis à notre disposition. Plusieurs ne proposaient ni résumé, ni indice sur la couverture. Et c’était le cas de cette Femme invisible. Je me suis donc plongée dans cette lecture comme on plonge dans l’inconnu et j’ai découvert rapidement le fin mot de son histoire…

La Femme invisible de ce roman de Nathalie Piégay est en réalité Marguerite Toucas-Masillon. Certains spécialistes auront peut-être reconnu ce nom ; pour les autres – dont je faisais partie avant de lire Une femme invisible – Marguerite Toucas-Masillon est la mère de Louis Aragon.

« Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés »

Extrait des Yeux d’Elsa – Louis Aragon

Louis a longtemps cru que sa maman, Marguerite, était sa sœur adoptive. Il fallait cacher la honte. Marguerite avait eu un enfant alors qu’elle n’était pas mariée. D’un homme qui, lui, l’était. Et surtout qui était aussi âgé que son père…

Louis a longtemps cru que sa maman était sa sœur, mais au fond de lui, il connaissait la vérité. Et ce premier roman de Nathalie Piégay, qui a déjà écrit sur Aragon, nous raconte l’histoire de cette femme qui n’a pas pu vivre avec l’amour de sa vie, qui n’a pas pu reconnaître son enfant, qui a exercé de nombreux métiers et écrit de nombreux romans.

Nathalie Piégay a fait un travail remarquable. De Marguerite Toucas-Masillon, on ne sait pas beaucoup de choses, mais Nathalie Piégay a creusé, cherché et parfois a dû combler les trous dans la vie de cette femme.

Une femme invisible est donc une biographie romancée. Un ouvrage passionnant. J’y ai retrouvé des personnages croisés dans Légende d’un dormeur éveillé de Gaëlle Nohant, biographie romancée de Robert Desnos. J’ai beaucoup aimé. Je ne suis pas certaine que j’aurais choisi ce livre si j’avais eu plus d’indices. Et je serais passée à côté de Marguerite. Cela aurait été bien dommage de passer à côté de cette autrice.

signature

  Une femme invisible – Nathalie Piégay – Éditions du Rocher – 348 pages (août 2018)

Acheter ce roman chez Cultura

 

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