La préférée – Jessica Knoll

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« Les producteurs des « Entreprenantes », une émission de téléréalité mettant en scène cinq jeunes New-yorkaises à la tête d’entreprises florissantes, espéraient bien que la quatrième saison du show apporterait son lot de disputes et de réconciliations, d’alliances et de trahisons. Ils étaient loin d’imaginer qu’elle se conclurait par un meurtre… Après American Girl, Jessica Knoll signe un roman machiavélique sur l’ambition féminine. Addictif et trépidant. »

monavis

J’ai découvert Jessica Knoll avec American Girl, un roman coup de cœur et surtout un roman qui m’a fait l’effet d’un uppercut en plein estomac. Depuis, j’attendais fébrilement d’avoir des nouvelles de cette auteure. Et enfin, presque trois ans sans nouvelle de Jessica Knoll, Actes Sud publie La préférée. De quoi me donner le sourire et me mettre dans un état d’impatience. Du coup, ni une ni deux, je me suis plongée dans ce roman sans même qu’il passe trois secondes dans ma Pile à Lire. Non, mais presque trois ans, on a le droit d’être un peu pressés !

American Girl était un roman très new-yorkais. Dans son côté apparences, paillettes, perfection… L’héroïne fait tout pour être parfaite et cacher son passé. Jusqu’à ce que l’on découvre ce fameux passé. Une bombe. Le fameux uppercut. La préférée est aussi un roman très new-yorkais. Les héroïnes sont belles, glamour, célèbres. Ce sont les « Entreprenantes », les vedettes d’une téléréalité mettant en scène des working girls, des filles qui ont réussi.

Qui dit téléréalité dit évidemment réalité – je plaisante, tout le monde sait qui n’y a rien de plus artificiel. Enfin, si, il y a sans doute des choses plus artificielles, comme les arômes de tarte au citron dans les yaourts par exemple, mais la téléréalité, c’est quand même très artificiel. Et La préférée nous en donne encore un exemple.

Dès le départ, on le sait : l’une des participantes a été assassinée. Il s’agit de Brett, la préférée du programme. Lesbienne, ronde, féministe, elle est un modèle pour les téléspectatrices. Pourtant, quelqu’un a voulu s’en débarrasser. Une autre candidate ? Une ex ? Sa sœur Kelly qui a intégré le show avec sa fille de douze ans ? Dans tous les cas, on sait que l’on aura le fin mot de l’histoire à la toute fin et que ça risque d’être cynique.

Si l’on suit « l’après mort de Brett » à travers le témoignage de Kelly, la jolie grande sœur, mince, mère célibataire et pièce rapportée dans l’émission, on découvre les dessous du show et ce qui a conduit à la mort de Brett à travers la vision de la victime elle-même. Et de celle de Stephanie, ancienne amie et ennemie jurée de Brett, au moins devant les caméras…

On découvre les dessous du show, les contrats, les clauses, les rémunérations des candidates (ridicules), les mensonges et les manipulations, les fêlures aussi. Que ne feraient pas les candidates pour rester dans la course ? Seraient-elles prêtes à tuer ?

Je n’ai pas eu le même coup de cœur que pour American Girl, malheureusement. J’ai trouvé ce roman dense et j’ai été un peu saoulée par tous ces mots – j’en aurais bien supprimé quelques-uns.

Et puis, les jours ont passé et ce roman m’est resté en tête. J’y ai enfin vu ce qui ne m’avait pas sauté aux yeux. Des portraits de femmes qui se battent pour réussir dans la vie. Pas toujours avec les bonnes armes et pas toujours avec beaucoup de morale, je vous l’accorde. Aurait-on eu l’idée d’une émission sur des Entrepreneurs, des hommes trentenaires qui sont à la tête de leur propre entreprise ? Non, parce que ça nous semble peut-être plus normal que des femmes ? Il y a encore du chemin pour l’égalité des sexes. Mais les « Entreprenantes » sont-elles des porte-paroles de choix ? En tout cas, elles nous montrent qu’on n’est pas encore dans une grande sororité, au sein de laquelle toutes les femmes se soutiennent… Ou alors, un peu contraintes et forcées, ou dans leur propre intérêt. Cynique, je vous l’avais dit. Cynique, mais intéressant. Alors, oui, je vous le conseille, si vous aimez les crêpages de chignons et les amitiés à la Sex and the City.

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La préférée – Jessica Knoll – Actes Sud – 376 pages (avril 2019)

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5 réflexions sur “La préférée – Jessica Knoll

  1. J’ai failli faire carrière dans un milieu féminin… Mais mes études avec une classe composée à 98% de filles m’ont ait découvrir que je ne pourrais pas passer ma vie à écouter, voire être mêlée à ces incessants crêpages de chignons… Je passe mon tour, pour le coup !

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  2. Pingback: Le quartier – Joakim Zander | Mademoiselle Maeve

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